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Le Sahara : son histoire

Une équipe de géologues de l'Institut Français du pétrole a entrepris dans les années 60/70 de reconstituer une partie de son histoire vieille de 4 à 500 millions d'années.

A l'issue des travaux l'équipe aboutit à la conclusion que le Sahara actuel associé au désert Arabique se trouvait il y a 420 millions d'années inclus dans le Gondwana, super continent situé au Pôle Sud.

La théorie de la tectonique des plaques et de la dérive des continents trouve ici toute son illustration. On sait que la partie solide de l'écorce terrestre, la lithosphère, est fragmentée en une douzaine de plaques plus ou moins rigides reposant sur une couche visqueuse, l'Asthénosphère.
Les plaques se déplacent de quelques centimètres par an poussées par le magma qui remonte dans les dorsales océaniques, d'où les phénomènes de subduction/obduction (subduction : glissement d'une plaque lithosphérique océanique sous une plaque adjacente glissant dans le sens opposé) à l'origine des chaînes de montagnes et du retour des roches sédimentaires vers le magma.

Au cours de la période ordovicienne, vieille de 500 millions d'années, le Sahara et le désert Arabique étaient alors réunis au sein de l'énorme masse du Gondwana qui comprenait 5 continents : l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Antarctique, l'Australie et l'Inde, plus la péninsule arabique. Madagascar, Ceylan, la Nouvelle Zélande et la Tasmanie, cet ensemble était couvert de glace.

La fin de l'Ordovicien coïncide avec la fin de l'énorme calotte glacière entraînant  une remontée des eaux. Au Silurien une bonne partie du Gondwana incluant le Sahara est submergée par les eaux et habitée par une multitude d'organismes dont on retrouve les traces dans les dépôts détritiques (sédiments), notamment en Libye où par endroit l'épaisseur des coquilles atteint plusieurs dizaines de mètres.
Vers 400 millions d'années le Sahara émerge et commence à se couvrir d'une végétation dense alimentée par un réseau de cours d'eau aux débits réguliers. Il se rapproche alors du  tropique du Capricorne (dérive des continents) et connaît une nouvelle immersion qui le couvre d'argile, de grès (quartz cimenté) ou de calcaire qui joueront  le piège  de roche pour le pétrole (roches poreuses).
Vers 220 millions d'années la mer se retire progressivement d'Est en Ouest et le Sahara se rapproche de l'Equateur.
Au début de l'ère secondaire le Sahara est inclus dans le super continent de la Pangée qui regroupe alors toutes les terres émergées, coincé entre  ce qui allait devenir les Amériques ; par contre, on connaît mal les contours orientaux des terres émergées et le climat qui régnait alors. Les sondages pétroliers ont révélé qu'une partie équatoriale du continent comprise dans un secteur allant de l'Algérie à la Libye était alors submergée par la Thétis, mer considérée comme l'ancêtre de la Méditerranée.

Le Sahara situé alors légèrement au Nord de l'Equateur présente des signes incontestables de désertification : vestiges de dunes transformées en grès et cailloux abrasés par le vent apparaissent dans les dépôts du crétacé entre 140 et 100 millions d'années. Mais curieusement ces dépôts recèlent aussi des os de dinosaures herbivores, de tortues, de crocodiles, ainsi que des troncs fossilisés de grands arbres témoins d'un climat quasi équatorial.
La Pangée se fractionnait en 2 masses continentales donnant naissance à l'Atlantique qui séparait l'Afrique et la péninsule Arabique encore ensemble de l'Amérique du Sud. Plus tard un autre bloc se détachait donnant naissance à ce qui deviendra l'Inde, l'Australie et l'Antarctique.
Le rapprochement des plaques Européennes et Africaines faisaient de nouveau déborder la Thétis, une grande partie du Sahara se retrouvait sous la mer, ultime immersion qui devait durer jusque vers 40 millions d'années au début de l'ère tertiaire.

Le Sahara alors dans sa position actuelle pouvait subir en surface toutes les modifications apportées par les variations climatiques le conduisant progressivement à son état actuel.


Les chotts

Les chotts sont formés de plusieurs zones concentriques d'aspects différents. La partie extérieure est celle des plantes halophiles (vivant en milieu salé). Celle-ci peut être de largeur variable. C'est la zone du chott donnant à tort son nom aux sebkhas de Tunisie.

Allongé sur environ 200 km de la frontière Algérienne à la mer, les grands chotts forment l'ensemble de dépressions fermées le plus étendu du Maghreb. Le chott Djérid ne constituant l'élément majeur, bordé au Sud par le grand erg oriental, à l'Est par le chott Fedjad, à l'Ouest par le chott  Gharsa. Ils présentent tous 3 un paysage de sebkas formées de vastes surfaces planes sans aucune végétation et caractérisées par un tapis de cristallisations salines.

Les plantes halophiles entourant les sebkhas portent le nom de chott ; c'est donc à tort que celui-ci est utilisé.



Des 3 sebkhas seul Gharsa est sous le niveau de la mer descendant par endroit jusqu'à 23 m, les altitudes des 2 autres n'étant jamais inférieures à +15 m.

Durant l'hiver une partie des sebkhas (environ 1/5) peuvent être recouvert d'eau avec une épaisseur n'excédant jamais 30 cm.

Au 19ème siècle l'hypothèse d'une ancienne mer intérieure avait été évoquée, celle-ci ne tient pas du fait de l'absence totale de coquilles marines dans les couches fossiles des gisements côtiers.

Le rythme saisonnier de l'hydrologie des chotts confirme l'existence d'une nappe superficielle. Il semblerait que l'on ait affaire à un énorme empilement de petites aquifères révélant une circulation verticale de l'eau, la nappe du dessus ne représentant que le sommet. Les pluies torrentielles rares et brèves ne suffisent pas à expliquer l'importance du système hydraulique mis en évidence par les dernières prospections. Il faut donc envisager l'intervention de réserves souterraines offrant une alimentation régulière et surtout abondante.

Les sources des palmeraies en bordures orientent d'ailleurs vers cette solution. C'est donc une puissante unité hydraulique qui s'écoule sous ces ensembles à la faveur de la vaste structure synclinale née des domaines tectoniques de l'Atlas.

Le creusement d'un canal entre la Méditerranée et les chotts avait été sérieusement envisagé dans la seconde moitié du 19ème siècle. L'idée était de rendre humide toute une partie de la Tunisie et d'y provoquer des pluies salvatrices. Projet  abandonné rapidement pour 2 raisons essentielles : la première d'ordre financier, la seconde, la topographie de la région.


* Source : la Tunisie de Jacques Gandini

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